08 juillet 2010

Le Secrétaire aux Transports de l'Administration Obama en visite officielle en Italie

 

 

Ray Lahood, Secrétaire aux Transports de l’administration Obama, a effectué lundi dernier un voyage en train à grande vitesse entre Rome et Naples. D’après la dépêche rendue publique sur le site des chemins de fer italiens (FS), il s’est dit « enthousiaste de pouvoir apprendre de l’Italie et d’avoir pu expérimenter en personne la technologie de ce grand pays ». Le président des FS a parlé d’une « technologie entièrement italienne que nous exportons dans le monde (…). La grande vitesse connaît aujourd’hui, en Italie, un succès toujours plus grand auprès du public ». Selon le communiqué de presse des FS, il a montré au Secrétaire les « excellences technologiques », à bord et sur terre, toutes made in Italy.

Photo de la visite officielle
Poignée de main entre Mauro Moretti, dirigeant des FS, et Ray Lahood. Photo Ferrovie dello Stato.

 

Le ton triomphaliste du communiqué rappellera sans doute quelque chose au public français. Ici comme en Italie, la grande vitesse donne lieu chez les officiels à des communiqués d’autosatisfaction : le chauvinisme à base technologique est la chose la mieux partagée des deux côtés des Alpes.

Le plus amusant est que le même Lahood a déjà effectué un autre voyage à grande vitesse, et devinez où ? En France, au mois de mai 2009. Les communiqués de presse étaient sensiblement les mêmes, si le lecteur prend la précaution oratoire de substituer « France » à « Italie ».

Quant aux perspectives réelles de la grande vitesse ferroviaire aux Etats-Unis, je laisse à Madame Soleil, très compétente en la matière, le soin de faire des prédictions. Mais on peut se rappeler que la vente du TGV au Texas, prévue dans les années 90 et présentée à l’époque en France comme certaine, est finalement restée dans les cartons, notamment à cause d’un lobbying intense des compagnies aériennes, en particulier de la plus texane d’entre elles, Southwest Airlines.

L’impression domine que les projets de grande vitesse de l’Administration Obama patinent, et que, probablement, ils ne verront jamais le jour, soit à cause d’opérations de lobbying hostile, soit à cause du mauvais état des finances publiques qui sont souffrent aussi aux Etats-Unis. Je ne m’en réjouis pas, car il vaut toujours mieux un passager en train qu’en avion. Mais les communiqués de victoire des opérateurs et des constructeurs ferroviaires risquent de n’y pas pouvoir grand-chose.

Vincent Doumayrou,
Auteur de
La Fracture Ferroviaire,
Pourquoi le TGV ne sauvera pas le chemin de fer
,
Préface de Georges Ribeill.
Éditions de l’Atelier, Paris.


Ici figure le communiqué de presse, en italien et en anglais :
http://www.fsnews.it/cms/v/index.jsp?vgnextoid=f9127a6eb22a9210VgnVCM1000004016f90aRCRD

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