27 février 2010

Fusion géante dans le ciel d'Europe de l'Ouest

 

Le 13 novembre dernier, la compagnie aérienne britannique British Airways (BA) et sa consoeur espagnole Iberia ont publié les bans de leur mariage. L'ensemble formé par les deux compagnies aura son siège à Londres, sera dirigé par un duo constitué des PDG des deux compagnies, sera détenu à 55 % par les actionnaires de BA et à 45 % par ceux d’Iberia. Le but est de parachever la fusion à la fin de l’année 2010.

Cette alliance, si elle arrive à son terme, prolonge une tendance à l’œuvre depuis quelques années, celle de la concentration du secteur aérien en Europe de l'Ouest.

Le cas le plus connu en France est celui d’Air France et de la compagnie néerlandaise KLM, qui se sont regroupées en holding en 2004. La dite holding détient 25 % de la compagnie Alitalia. Mais les grandes manoeuvres affectent aussi le côté allemand, la compagnie Lufthansa ayant pris le contrôle des anciennes compagnies nationales helvétique, autrichienne et belge. Elle détient également la compagnie low-cost German Wings.

Il se met ainsi en place une sorte de tripole autour des compagnies issues des trois pays les plus puissants d'Europe, British Airways, Air France et la Lufthansa. La disparition des compagnies-drapeaux des pays plus petits peut parfois tourner au drame national tel que celui qu'a connu la Belgique avec la faillite de la Sabena au début des années 2000.


Hôtesse de la compagnie Alitalia
Avec la concentration du secteur, les hôtesses de l'air d'Alitalia ont perdu leur sourire légendaire !
Photo Afp.


 

 

La montée en charge des compagnies « low-cost » comme Easyjet est en fait l’arbre de la concurrence qui cache la forêt de la concentration puisque la tendance est à ce que toutes les compagnies historiques se regroupent.

Enfin, ces alliances ont le plus souvent comme contrepartie des plans sociaux et des gels de rémunération pour les salariés, qui ont donc les raisons de se défendre contre ces menées dont le seul but est de mieux rémunérer l'actionnariat dans un contexte de saturation des marchés.

Vincent Doumayrou,
Auteur de
La Fracture Ferroviaire,
Pourquoi le TGV ne sauvera pas le chemin de fer
,
Préface de Georges Ribeill.
Editions de l’Atelier, Paris.

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