15 septembre 2009

Les constructeurs automobiles européens et les émissions de dioxyde de carbone

 

Un article du journal Les Echos évoque une étude publiée hier par l’association Transport et Environnement, qui fait le point sur la quantité de CO2 émise par les voitures européennes. D’après cette étude, ce sont les modèles Fiat qui en émettent le moins, suivis de Peugeot et Renault. La faute au fait que ces constructeurs fabriquent de nombreuses voitures d’entrée de gamme.

C’est une sorte de tradition : souvenez-vous, dans les années cinquante et soixante, de la Fiat 500, de la 2CV et ses variantes, de la 4L. Dans les années soixante-dix, les voitures parmi les plus vendues en Europe étaient les Renault 5 et Fiat 127... ancètres des Renault Clio et Fiat Punto des années 2000.


Classement


 

Fiat ne se prive pas d'utiliser l’argument dans sa communication, avec son slogan « moins c’est mieux », qui s’applique bien à la Fiat 500 mais aussi à la Panda et à la Punto. Une stratégie marketing parfaitement en phase avec la vogue décroissantiste qui saisit certains milieux.

Sans surprise, les constructeurs de grosses cylindrées (parmi lesquelles les 4X4) sont les plus polluants. Daimler, qui construit les Mercedes, détient le bonnet d'âne très prisé dans nos écoles.

Autre enseignement, la baisse générale de l’émission moyenne en CO2 : ainsi, sur un an, ces émissions baissent de 10 % pour BMW, 7 % pour Ford, et de 2 à 3 % pour nos trois médaillés olympiques franco-italiens. Il est donc indéniable qu'une voiture vendue aujourd'hui pollue moins qu'une voiture vendue il y a dix ans.

Fiat


 

 

L’auteur de l’article rappelle par ailleurs le gentlemen’s agreement que les constructeurs ont signé avec la Commission Européenne en 1998 : en 2008, juré craché, l’émission moyenne par véhicule serait de 140 g/km. Le seuil n’a pas été atteint. Le journaliste en conclut dans des termes qui rappellent de façon frappante ceux que j’emploie dans mon livre : l’auto-discipline des constructeurs ne suffit pas, il faut une réglementation plus contraignante, en un mot, il faut légiférer.

Message reçu par la Commission Européenne, qui a adopté l’an dernier une directive qui obligera les constructeurs à limiter les émissions à 130 g/km en 2015 et 95 g en 2020.

Autre constat, le poids moyen des véhicules a baissé de 5 kg en 2008, une première depuis longtemps. Je rappelle dans mon livre qu’en trente ans, au fil des versions, le poids de la Golf de Volkswagen a augmenté de plus de 50 %...

Sur le fond, il faut évidemment que les constructeurs continuent leurs efforts pour que la pollution « unitaire » de leurs véhicules soit abaissée. Cet effort et l’effort pour réduire la place de la voiture dans le mode de vie se complètent.

Zelazowa Wola

Vincent Doumayrou,

Auteur de La Fracture ferroviaire,

Editions de l’Atelier, Paris, 2007.


 

L’article a paru dans le journal Les Echos du 15 septembre 2009 et a pour auteur Alexandre Counis.

Dans mon livre, je parle de ces problèmes de pollution automobile et plus généralement de la place souhaitable de l’auto dans notre vie au chapitre III.


 

 

Contact : temse[a]hotmail.fr

Vers la Page d’accueil : http://lafractureferroviaire.skynetblogs.be


 

 

 

 

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Commentaires

"Il est donc indéniable qu'une voiture vendue aujourd'hui pollue moins qu'une voiture vendue il y a dix ans."

Attention, on ne peut pas conclure ça par les seuls chiffres donnés par l'article, il faut garder en tête qu'on parle ici de moyennes tous modèles confondus.

Contre exemple, si chaque modèle consomme 10% de plus que le même modèle il y a 10 ans mais qu'il se vend plus de petites cylindrées (donc de consommation inférieure à la moyenne), la moyenne globale va baisser mais chaque modèle polluera plus que son homologue d'il y a 10 ans.

C'est d'ailleurs tout le problème de la règlementation Européenne qui ne limite que la moyenne de pollution mais n'impose aucun plafond absolu ou par modèle. Comme il se vend de plus en plus de petites citadines, c'est un vrai droit à polluer qui est offert aux grosses cylindrées.

Écrit par : Etienne | 28 juillet 2010

"Il est donc indéniable qu'une voiture vendue aujourd'hui pollue moins qu'une voiture vendue il y a dix ans."

Attention, on ne peut pas conclure ça par les seuls chiffres donnés par l'article, il faut garder en tête qu'on parle ici de moyennes tous modèles confondus.

Contre exemple, si chaque modèle consomme 10% de plus que le même modèle il y a 10 ans mais qu'il se vend plus de petites cylindrées (donc de consommation inférieure à la moyenne), la moyenne globale va baisser mais chaque modèle polluera plus que son homologue d'il y a 10 ans.

C'est d'ailleurs tout le problème de la règlementation Européenne qui ne limite que la moyenne de pollution mais n'impose aucun plafond absolu ou par modèle. Comme il se vend de plus en plus de petites citadines, c'est un vrai droit à polluer qui est offert aux grosses cylindrées.

Écrit par : Etienne | 28 juillet 2010

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