03 février 2009

La voiture, hybride ou électrique ?

 

Cher journal,

Le quotidien La Croix a récemment fait paraître une tribune de Pierre Alanche consacrée à deux motorisations innovantes : le moteur hybride et le moteur électrique.

Pierre Alanche est ingénieur et a représenté les salariés actionnaires au Conseil d’administration de Renault SA de 1997 à 2004. Il explique que le moteur hybride n’est qu’une nouvelle forme de motorisation, qui n’implique aucun changement en dehors du véhicule lui-même, le principe étant qu'un moteur électrique renforce le bon vieux moteur à explosion. Le véhicule électrique suppose au contraire des stations d’alimentation bien réparties sur tout le territoire, et par conséquent, des changements au niveau des infrastructures de transport elles-mêmes, au sol, si l’on ose dire.

Le débat rappellera aux passionnés celui qui agite le microcosme ferroviaire depuis des années, entre TGV et train pendulaire : le premier est un système à part entière, qui implique du matériel roulant et des infrastructures nouvelles, alors que le second n’est qu’un train qui va plus vite sur des lignes qui existent déjà.

Au-delà des aspects techniques, le problème est celui de la place de l’automobile, de ses nuisances et de ses attraits, dans la société d’aujourd’hui et de demain. Je traite ce problème au chapitre III de mon livre, intitulé : Le train, l’automobile et les déplacements de proximité.

Le point de vue que j'y défends, c'est le bon sens près de chez vous : l’automobile est un instrument utile, mais on n’a pas maîtrisé son développement. Les choix politiques de ces dernières décennies ont au contraire encouragé son usage bien au-delà de ses créneaux normaux.

Comment définir ces « créneaux normaux », où l’usage de la voiture est irremplaçable voire souhaitable ? Comme il est difficile de donner une réponse définitive en peu de paroles, je me contenterai de deux exemples : en milieu rural, pour aller faire ses courses dans le village le plus proche, utiliser la voiture est indispensable : il est difficile d’organiser un service de transports collectifs efficace en milieu peu dense, et la voiture n’y provoque pas d’embouteillages, peu de pollution car on roule à une vitesse normale.

A l’inverse, il est aberrant d’utiliser sa voiture pour se rendre dans le centre d’une ville à 8 heures du matin, l’infrastructure est saturée ce qui fait perdre du temps à l’usager et à la société, cela provoque de la pollution, etc…

De la même façon, pour des trajets très courts et sans charge lourde, il vaut mieux utiliser le vélo voire se déplacer à pied.

Cela ne signifie pas que l'on vendra moins de voitures, car, l'automobile restant toujours indispensable pour la majorité des familles, il y en aura toujours autant. Je dis cela pour répondre au contexte de chute des ventes actuel. "Mieux" de voiture ne signifie pas moins de voitures.

Dans ce contexte, le problème de la motorisation des voitures a tout son intérêt. Car si on considère qu’il faut réduire la place de la voiture et non la supprimer, ce qui est mon cas, il faut se poser la question de réduire ses nuisances, dans le cas où son usage est nécessaire.

Pour la société, le moteur hybride est donc d’un grand intérêt s’il permet de réduire l’émission de gaz à effet de serre et les autres formes de pollution, de façon importante. Le moteur électrique suppose des investissements plus importants sans davantage d'intérêt pour la société.

Comme Pierre Alanche, le moteur hybride me paraît donc la forme d’évolution la plus souhaitable dans un avenir prévisible en tout cas.

Simplement, les progrès dans les moteurs ne doivent pas conduire à accepter le tout-automobile, comme le disent un certain nombre de partisans de la « voiture propre ». A mon sens, l’amélioration des performances de la voiture et la réduction de son utilisation vont de pair.

Zelazowa Wola

Vincent Doumayrou,
Auteur de La Fracture ferroviaire,
Editions de l’Atelier.

Pour me contacter, faire des commentaires, des remarques, proposer des idées de billet : temse[a]hotmail.fr.

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La tribune de Pierre Alanche a pour titre L’auto hybride ou électrique et a paru dans le journal La Croix du 8 décembre 2008.

Pierre Alanche est l’auteur du livre Renault Côté Cour, paru aux Editions de l’Atelier, où il raconte son expérience au Conseil d’administration de Renault SA.

 

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