04 janvier 2009

Des Voeux, des Goûts et des Couleurs

 

Cher journal en ligne,

je te souhaite une heureuse année ainsi qu'à tous tes lecteurs. J'ai d'ailleurs eu une idée de cadeau à offrir à ces derniers.

En effet, au moment d'ouvrir l'année, je me dis qu'il serait une bonne idée de faire partager mes préférences dans le domaine des arts, puisqu'il m'arrive de m'intéresser à autre chose qu'aux incidents caténaires et aux effets pervers du système TGV.... alors, que m'inspirent les Muses ?

Je commence par la musique, le roi des Arts (à mon goût !), mon air préféré n'est autre que O Ruhe Sanft, mein holdes Leben, tiré de l'opéra Zaide, de Wolfgang Amadeus Mozart. L'intrigue se passe à la cour du sultan, sous l'Empire Ottoman. Je laisse parler la musique :
http://fr.youtube.com/watch?v=_SGMWFW8lws

Passons au cinématographe. A part Paris, Texas, dont j'ai parlé il y a trois semaines (cf http://lafractureferroviaire.skynetblogs.be/archive-week/2008-50), mon film préféré est Head-On, du cinéaste allemand Fatih Akin. Le héros est Cahit s'est retrouvé à l'hôpital psychiatrique. Sibel, âgée de 23 ans, également d'origine turque, met le grappin sur lui, car elle veut fuir sa famille et le mariage est un bon moyen pour cela. Le film commence donc par ce mariage improbable, entre un alcoolique qui a la quarantaine et cette jeune femme, qui connaissent la descente aux enfers dans l'alcool, l'errance, le monde des boîtes de nuit, et qui finissent par trouver... l'amour.

Plus d'infos ici : http://www.cine.voila.fr/film/head-on

Sibel Kekilli et Birol Unel, les deux acteurs principaux du film. Les deux excellents, Sibel dans son propre rôle il est vrai : dans la vraie vie, elle est elle-même fille de "Gastarbeiter" turcs, née en 1980 à Heilbronn, petite ville du Sud de l'Allemagne.

J'adore aussi le film L'Atalante, de Jean Vigo avec Michel Simon. Ce film se déroule sur les voies navigables, et il a donc un rapport avec le monde des transports, j'en dirai davantage une autre fois...

Par association d'idée, Paris, Texas m'a amené au film Tess, puisque le rôle féminin principal est incarnée par la même actrice, j'ai nommé Nastassja Kinski. A chaque fois que je la vois dans un film, je me dis qu'elle n'a pas eu la carrière qu'elle méritait : peut-être par choix personnel ?

Quoi qu'il en soit, le roman d'origine Tess d'Urberville, de Thomas Hardy, est un classique. Comme je l'ai lu il y a dix ans, je ne me souviens plus précisément du fil de l'intrigue mais voici la base ; une jeune femme de la paysannerie (bien qu'issu de lointains ancêtres de la noblesse, d'où son nom de "d'Urbervilles") se fait abuser par un bourgeois aux moeurs décadentes. Je me souviens surtout de l'atmosphère de tragédie qui plane au-dessus du livre, tout au long de ses pages.

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L'actrice Nastassja Kinski et le metteur en scène Roman Polanski, sur le tournage du film Tess, sorti sur les écrans français le 30 octobre 1979.

 

A noter que Thomas Hardy (1840 - 1928) a également écrit Jude l'Obscur, également adapté au cinéma, avec une autre grande : non plus Nastassja Kinski mais Kate Winslet !

J'en parle car Tess... est vraiment mon roman préféré.

 

Tess_Ldp

En théatre, mon auteur préféré est Molière, et Le Malade imaginaire et Le Misanthrope tiennent la corde, pour la même raison, au fond, que Tess d'Urberville : l'ambiance de tragédie n'est pas une noirceur artificiellement accentuée par l'auteur mais émane des personnages et plane au-dessus d'eux.

En matière de peinture, mon tableau préféré n'est autre que l'Adoration des Mages, de Gentile da Fabriano. Il s'agit d'un peintre né à... Fabriano, ville de la région des Marches, près de la mer Adriatique, en 1370. Comme toute l'Italie centrale, la ville appartenait alors aux Etats pontificaux, territoire sous la souveraineté du Pape, et était réputée pour la fabrication de papier. La ville a gardé sa tradition industrielle puisqu'elle héberge le siège du groupe Merloni SpA, spécialisé dans l'électroménager avec les marques Indesit et Ariston.

Le talent de Gentile n'éclata cependant pas à Fabriano, mais à Venise, Milan et enfin Rome où il mourut en 1427. Son Adoration est le sommet de la peinture gothique, qui laisse la place ensuite à l'époque de la Renaissance, aux formes plus rationnelles et par conséquent moins féériques. L'Adoration est d'ailleurs remarquable justement par sa féérie.

Je suis sensible à ce tableau pour des raisons profanes, aucunement pour des raisons religieuses.

 

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L'Adoration des Mages, de Gentile da Fabriano. En médaillon, en bas du tableau, d'autres scènes bibliques : l'Adoration des bergers, le Repos pendant la fuite en Egypte, et la Présentation au Temple.


 

Je ne résiste pas au plaisir de vous montrer l'image de ce tableau injustement méconnu. Vous pourrez le voir à la gallerie des Offices de Florence, si vous êtes plus patient que moi pour les files d'attente.

Ci-après, deux autres tableaux que j'adore : l'Esclave turque, du Parmesan, et le Château de cartes de Chardin, un peintre français du XVIIIè siècle. Le Parmesan relève du style maniériste, qui suit la Renaissance et précède l'époque baroque.

Zelazowa Wola

Vincent Doumayrou,
Auteur de
La Fracture Ferroviaire
Editions de l'Atelier, Paris, 2007.

Contact : temse[]a[]hotmail.fr

 

 

Parmigianino
L'Esclave turque, du Parmesan. Visible à la galerie nationale de Parme (IT).


 

 

chardin-hsecards

Le Château de cartes de Chardin. Exposé au musée "Am Römerholz" de Winterthur (CH).

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