29 décembre 2008

Italie : coup de barre à grande vitesse

 

Cher journal en ligne,

un évènement a eu lieu en Italie, sans faire une ligne dans la presse nationale française qui se veut pourtant très tournée vers l'Europe : l'inauguration des 182 km de ligne à grande vitesse entre les deux villes italiennes de Milan et de Bologne. Les travaux ont débuté en 2000 et ont coûté 7 milliards d'Euros, soit plus de 35 millions d'Euros au kilomètre, dans un terrain pourtant aussi plat que les Flandres : la Plaine du Pô.

Les Ferrovie dello Stato (chemins de fer de l'Etat italien) voient ainsi se réaliser, peu à peu, leur rêve d'une directrice à grande vitesse qui relie Turin et Naples, par Milan, Bologne, Florence et la capitale Rome. Le but est de concurrencer les vols d'Alitalia sur la route la plus fréquentée, la ligne entre Milan et Rome.

La ligne inaugurée ce mois-ci permet de raccourcir le temps de parcours entre les deux villes à 3 h 30. Entre Florence et Rome, la ligne à grande vitesse existe déjà, et à terme une ligne à grande vitesse doit également relier Florence et Bologne, soit 78 km dont 73 km en tunnel. A noter que la ligne actuelle entre ces deux villes est déjà une forme de ligne à grande vitesse, inaugurée en 1934, sous le fascisme, elle dédoublait déjà une ligne ancienne plus lente.

Mais ce qui me frappe le plus, c'est le gros coup de barre sur les prix. Un aller simple de Milan à Rome en "Eurostar Italia Alta Velocità" (le nom commercial des trains à grande vitesse) coûtera désormais 79 Euros. De mémoire personnelle de voyageur, il n'en coûtait que 45 Euros il y a encore quatre ans, pour un temps de trajet somme toute correct de 4 h 30.

Depuis la nationalisation de 1905, prendre le train en Italie était traditionnellement très bon marché : une sorte de compromis entre le niveau de vie de la Lombardie et celui de la Sicile. C'est désormais un souvenir, prendre le train en Italie est aussi cher qu'en France.

Par ailleurs, les trains "IR" qui permettaient d'effectuer des parcours de moyenne distance à bas prix (Milan - Bologne, Bologne - Turin, etc...) ont été supprimés, ainsi que de très nombreux trains de nuit.

Ci-dessous, un reportage photo, merci à David Campione de Ferrovie On Line pour les photos.

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L'ETR 500, fleuron des chemins de fer italiens. Du confort et de la vitesse, mais pour qui ?

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 Dans le train, l'écran annonce les prochains arrêts.

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Vincent Doumayrou,
Auteur de La Fracture Ferroviaire
Editions de l'Atelier, Paris, 2007.

 


 

 

 

 

Contact : temse[]a[]hotmail.fr

Davantage d'infos ?

En italien : http://www.ferrovie.it/ferrovie.vis/timdettvp.php?id=2517

http://www.ferrovie.it/ferrovie.vis/timdettvp.php?id=1138

Et en français, sur mon blogue : http://lafractureferroviaire.skynetblogs.be/archive-week/2008-37

Commentaires

J'adore ce titre "Le roi des Arts" mais également "O Ruhe Sanft, mein holdes Leben". Il y a une telle intensité musicale dans ces œuvres, qu'on se laisse, volontiers, voyager à travers l'espace et le temps. En tant que professionnel de la vente d'instrument de musique, j'essaie toujours d'inspirer les futurs acquéreurs d'instruments de se tourner vers le classique pour mieux apprécier le contemporain. En tout cas j'aime bien votre blog. Merci de votre partage.

Écrit par : deal music | 18 juin 2014

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