23 novembre 2008

Le Transcorrézien et les petites lignes

 

Cher journal en ligne,

un ami m'a récemment envoyé le lien vers le Transcorrézien, un dispositif touristique qui propose des promenades le long des anciennes voies ferrées d'intérêt local du département de la Corrèze.

Transcorrezien
Photo [c] Transcorrézien.

Je ne connaissais pas l'existence de ce site et il m'a intéressé. A la lecture de l'historique (voir le lien en bas de ce billet), je me dis qu'il reflète l'histoire de ces chemins de fer secondaires : en 1879, le Ministre Freycinet décide la création de milliers de kilomètres de lignes, avant tout en milieu rural. Sa démarche rappelle celle de son contemporain Jules Ferry, et son école obligatoire, gratuite et laïque, presque dans chaque commune.

La construction du réseau Freycinet se fera pour l'essentiel avant la guerre de 1914, et restera l'un des symboles de la IIIè République. Mais à partir des années 1930, la crise et la concurrence de l'automobile et des autocars auront raison de ce réseau. L'absence de volonté politique, la fascination devant le progrès permis par l'automobile, feront le reste. En quelques années, une bonne partie du réseau qu'on avait mis tant d'efforts à construire est pour ainsi dire rayé de la carte. Les décrets dit de "coordination", notamment celui du 19 avril 1934, officialisent la fermeture des lignes de trains et de tramways et leur remplacement par des autocars.

Cela dit, un certain nombre de lignes survécurent à la guerre, et celle du "Paris - Orléans - Corrèze" ne ferma qu'en 1969 pour les voyageurs, et 1970 pour les marchandises. Cette période de la fin des années 1960 vit s'accélérer le bal des fermetures de lignes, ailleurs en France, le réseau à voie métrique breton, centré autour de Carhaix-Plouguer (Finistère), en Bretagne centrale, ferma aussi au trafic de voyageurs au cours de la même période.

POC
La couverture du DVD.

Je consacre quelques pages de mon livre (pp. 61 à 67) à cette question des lignes secondaires, en rappelant qu'elles ont été victimes davantage du mépris des décideurs que d'un problème réellement économique, leur déficit incontestable étant souvent de peu d'ampleur.

Par ailleurs, elles permettaient une meilleure proximité et un meilleur effet de réseau. Certains d'entre elles (pas toutes, certes) auraient aujourd'hui un trafic appréciable car leur zone de chalandise s'est peuplée, du fait de la "rurbanisation" (augmentation de la population autour des villes).

Par ailleurs, elles pourraient permettre de valoriser le patrimoine culturel et touristique, d'ailleurs l'initiative du Transcorrézien le prouve, puisqu'elle relève précisément de la valorisation du paysage et a donc un intérêt économique réel.

C'est donc avec plaisir que je fais connaître cette initiative, pour plus de renseignements, je vous invite à voir les liens en annexe.

Vincent Doumayrou,
Auteur de La Fracture Ferroviaire
Editions de l'Atelier, Paris, 2007.


Contact : temse[]a[]hotmail.fr

Le lien :

http://www.transcorrezien.com

L'historique :

http://www.transcorrezien.com/spip.php?article2

http://www.transcorrezien.com/spip.php?article1

... et les itinéraires de découverte :

http://www.transcorrezien.com/spip.php?rubrique12

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